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Visite de la Nîmes protestante.

Quelques jalons pour une visite personnelle ou familiale de la Nîmes-protestante.

Au 30 de la rue de la Madeleine, porte latérale de l’ancien temple de la Calade (appelé alors «Grand-Temple»), un lieu de culte de 5000 places construit en 1565 par autorisation royale et démoli lors de la révocation en 1685. Au fronton était placé le texte biblique : «C’est ici la maison de Dieu, c’est ici la porte des cieux» qui y a été maintenu jusqu’à la Révolution de 1789.

À l’angle de cette rue et du boulevard A.Daudet, côarènes, demeurent un pan de mur et les gonds de la porte de la Madeleine avec, au balcon de la maison qui précède, les clefs de la ville et l’inscription latine indiquant le logis du concierge. Le soir, des vigiles huguenots surveillaient les mouvements de troupe pour alerter les responsables des assemblées clandestines se tenant au Désert, dans la campagne proche.

Au 19 de la rue du Grand Couvent ainsi que rue Claude Brousson, se trouvent les entrées du couvent des ursulines, construit au début du XVIIIe siècle; après la révocation, des filles de familles fidèles à la foi réformée leur étaient arrachées, éduquées catholiques par la force et mariées à d'«anciens catholiques». C’est là qu’en 1815, au moment de la «terreur blanche», eut lieu le dernier acte d’intolérance contre les réformés.

La chapelle des ursulines est devenue le Petit-Temple après la révolution et une partie du couvent est l’actuelle Maison du protestantisme.

Au 13 de la rue de l’Horloge, portail de l’Hôtel particulier des Montcalm. L’un d’eux, devenu réformé, y accueille le premier synode provincial présidé par le pasteur Pierre Viret, réformateur du pays de Vaud et du royaume de Navarre, sous Jeanne d’Albret.

Place du Grand-Temple, l’ancienne chapelle des dominicains, est louée par le consistoire réformé après la révolution française. Le pasteur clandestin de Nîmes Paul Rabaut y préside le premier culte officiel et public depuis la révocation. Napoléon Bonaparte, premier consul l’affectera après l802 au culte réformé.

La cathédrale saint Castor, place aux herbes (c’est-à-dire le marché aux légumes) est un édifice du XIe siècle qui a beaucoup souffert des guerres de religion et a été constamment remanié. Par deux fois en 1561 et 1562 les protestants l’utilisent pour le culte réformé. À noël 1561, P. Viret prêche et célèbre la sainte-cène devant 8000 partcipants. Chaque fois les protestants doivent la restituer par ordre du roi. Pendant 40 ans, aucun office n’y sera célébré. C’est de cette place que partira le massacre de la Michelade.

En voiture, on peut aller jusqu’à la grotte des fées en prenant la route d’Alès, en tournant immédiatement à gauche, pour suivre le chemin de Camplanier, qui contourne le cimetière protestant. En fin de parcours se trouve à gauche la grotte, propriété du syndicat d’initiative; à gauche vous trouverez une ère de stationnement et un petit chemin montant à la grotte. Antoine Court et Paul Rabaut y ont tenu des cultes clandestins avec plusieurs centaines de participants. Dénoncées, ces assemblées ont pu se disperser, mais des arrestations ont eu lieu provoquant des déportations en Louisiane ou au bagne des galères à Marseille, dont celle de Jean Fabre, «l’honnête criminel» cher à Voltaire. La grotte sera murée par les dragons du roi. Mais l’entrée subsiste et demeure digne d’être vue.

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Protestantisme et mémoire
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