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l'Assemblée à la Cam de

Il est un endroit en Hautes-Cévennes, où l’été, nous pouvons jouir de la sérénité des cimes, loin des agitations estivales, et partager un moment de paix avec celles et ceux qui ont bien voulu emprunter les voies, les routes, les chemins, toujours sinueux mais souvent pittoresques, de nos montagnes.

Cet endroit est le lieu-dit « L’hospitalet « , étape qui ne peut passer inaperçue sur la belle route départementale n° 9, entre Le Pompidou et le Col du Rey.
Par un concours de circonstances et la volonté de quelques uns, l’assemblée annuelle qui s’y déroule est devenue une habitude depuis la fin du XIX ° siècle, une sorte de  » citadelle de l’Esprit « , chaque quatrième dimanche de juillet.
Grâce à l’aimable complicité des propriétaires du lieu, les descendants du peuple huguenot peuvent se réunir là où l’imagination donne aux rochers ruiniformes du petit causse des airs de théâtre naturel. Vous pouvez choisir votre siège-rocher ou votre tapis de feuilles de hêtres et de faines. La lumière tamisée du jour favorisera la paix de votre recueillement et de votre réflexion. Et les enfants que, font-ils pendant le culte du matin et les conférences de l’après-midi ? Ils jouent soit seuls soit encadrés par une équipe d’animateurs ; ils tiennent la place de ceux qui, de 1685 à 1785, faisaient le guet lors des assemblées du  » Désert « .
N’est-ce pas, justement, à cet endroit que François Vivent et Claude Brousson, en 1689, se réunirent pour décider d’une résistance ?
Le prophétisme dans lequel se réfugièrent les paysans et les artisans de l’époque anima ces assemblées, permit au protestantisme français de ne pas disparaître et fit adopter le principe de liberté de conscience par l’Assemblée nationale constituante en août 1789.
Après une révolution, trois rois, deux républiques et deux empereurs, les descendants de cette  » Religion Prétendue Réformée  » désertaient peut-être trop les temples au gré du pasteur Nick Henry * qui organisa une première assemblée au col de l’Exil, près de Saint Roman-de-Tousque, en 1885. Les uns, soucieux de renouveler la flamme de la piété, les autres, désireux d’inscrire dans la mémoire collective les grands moments de l’épopée camisarde, se sont retrouvés, en 1893, à la Cam de l’Hospitalet. L’assemblée de 1898 ne laissa pas échapper le tricentenaire de l’Edit de Nantes.
A l’ombre de la troisième République, révélées par la traversée de Stevenson, exaltées par  "La Cévenole» de Saillens et la complainte des prisonnières de la tour de Constance de Bigot, les Cévennes s’embrasèrent alors, une nouvelle fois, en grands rassemblements commémoratifs.

   Jack SEGUIN

* Information donnée par Daniel Travier, fondateur du Musée des Vallées cévenoles à Saint Jean-du-Gard

en Cévennes–Languedoc–Roussillon
Protestantisme et mémoire
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