communion luthérienne et réformée
Calvinistes & Albigeois

Depuis  Montpellier, une pensée pour Saint Gilles, Beaucaire, Alès, Sauve, Béziers, Carcassonne et leurs malheureux «albigeois» !

Jean Chassanion le premier pasteur, nommé en 1560, de l’Église réformée de Montpellier était connu comme un « calviniste » extrémiste et comme un des premiers à dénoncer les crimes de la Croisade contre les Albigeois.

Dans son Histoire des Albigeois (Genève 1595) le pasteur de Montpellier récupère les Albigeois en faveur de la cause protestante jusqu’à en faire les adeptes d’une succession apostolique toute théologique et non matérielle ce qui évidemment infléchit ou déforme la vraie pensée du catharisme historique (« aucuns historiens font mention de leurs diacres & Éveques (…) Quand a ce qu’aucuns ont ecrit, que les uns estoyent nommés parfets, & les autres croyans ou fideles, c’estoit que les uns estoient plus avancés en la cognoissance de la verité & plus fermes en la foi que les autres, à raison de quoi on appelloit ceux la parfets, come S.Pol parle aux Phil.chap.3.vers.15… ») !

Que devaient penser les lecteurs huguenots devant l’Histoire des Albigeois ?

A entendre décliner la longue liste des cités assiégées mentionnées, traversées par les forces antagonistes, reprises ou résistantes : Marmande, Avignon, Agen, Carcassonne, Beaucaire, Limoux, Lourdes, Foix, Minerve, Castelnaudary, Saint Gilles, Pamiers etc., quel devait être le sentiment des Huguenots lorsque à cette époque l’enjeu politique entre « papistes » et « prétendus Réformés » rivalisait avec le strict débat religieux ? Période où déjà l’implantation massive, durable et robuste de la Réforme marquait essentiellement le Midi de la France sur les rebords Sud du Massif Central.

La précision de Chassanion éclaire cet enjeu géo-politique :

« Quand aux Comtes & Vicomte de Beziers, ce n’a pas esté pour la religion, mais pour la region, qu’on s’est attaqué à eux, pour avoir leurs terres & seigneuries, sous couleur de se venger d’eux, de ce qu’ils soutenoient & favorizoient les Albigeois, au dire de leurs ennemis. Il pouvoit bien estre qu’ils n’estoient guieres assotés de toutes ces ceremonies Romanesques, & qu’ils s’en moquoient : peut estre aussi qu’ils n’approuvoient point les plus grossieres abusions de l’Eglise Romaine lesqueles contrarient notoirement à l’Escriture saincte ; & qu‘en ces choses ils s’accordoient avec les Albigeois : neantmoins ils se sont toujours rendus sujets au Pape, se sont szervis au plus fort de leurs affaires de ses absolutions & indulgence, & sont allés à Rome, come à leur dernier refuge pour lui faire homage, & se prosterner à ses piés. »

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Protestantisme et mémoire en Cévennes–Languedoc–Roussillon
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